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Moi, VERONIQUE BRANQUINHO TOuTe NUe

En 1995, Veronique Branquinho termine ses études au département de la mode de l’Académie Royale des beaux arts d’Anvers. Elle présente sa première collection femme (printemps-été 1998) à Paris en octobre 1997, suivie en 2003 d’une collection homme et d’une boutique éponyme à Anvers.

Au cours de cette première exposition rétrospective, la créatrice nous laisse entrevoir son monde ambigu. Elle offre une vue d’ensemble sur les thèmes et les atmosphères qui dominent son travail et confèrent une signature sans équivoque à ses collections.

  • Lieu

    MoMu - Musée de la Mode Anvers

Description de l'exposition

Le travail de Veronique Branquinho est basé sur la dualité et le mystère: attirer et rejeter, jouer et repousser. Le rideau en velours rouge sur l’affiche de l’exposition, un clin d’oeil à ‘The Red Room’ de la série télévisée Twin Peaks de David Lynch, revient tel un leitmotiv dans la scénographie. Des rideaux lourds délimitent les différents espaces. Ils créent un cadre intime et défient le visiteur à découvrir, à aller au-delà des apparences.

La silhouette Branquinho masque plutôt que démasque. Des élements récurrents sont e.a. les longues jupes traînantes avec volants, les capes, avec ou sans grande capuche couvrant partiellement le visage, et les pulls à col roulé, à porter sous une veste, une blouse ou un bustier. Les vêtements dessinent une silhouette fine qui explicitent rarement et laissent la place au jeu sensuel de la suggestion.

La dualité se retrouve à plusieurs niveaux dans les créations de Branquinho, dans son image de la femme comme dans l’emploi et la combinaison des matériaux. Dans son travail, la femme est à la fois innocente et sensuelle, aussi bien joueuse que forte, mystérieuse et toujours complexe. A ses débuts, la période de transition de fille-femme domine son oeuvre tout comme la complexité émotionnelle des rites de passage dans la vie de chaque femme. Des figures comme l’écolière, la ‘Prom queen’ et les personnages cinématographiques ambigus comme Laura Palmer dans Twin Peaks, ou Emmanuelle de la série télévisée érotique du même nom des années 1970, peuplent le langage imagé de Branquinho.

Dans la composition de ses silhouettes, Veronique Branquinho aime mélanger les éléments de la garde-robe masculine et féminine tant au niveau de la coupe que des matériaux. Elle est attirée par les étoffes anglaises solides et classiques comme le tweed – tissu traditionnel de la garde-robe de l’homme – et elle les combine dans une seule silhouette avec des étoffes féminines plus légères telles que la soie ou la broderie fragile. Cette dualité apparaît également dans la composition de la silhouette, avec, entre autres, la présentation d’une veste très ‘construite’ axée sur la coupe, associée avec une simple jupe plus ‘informelle’. Les extrêmes ne cessent d’osciller entre rigoureux et joueur, pure et nonchalant, doux et rude.

Le collectif Blitz – l’auteur Oscar van den Boogaard, l’acteur Steven Van Watermeulen et le B.Architecte Sven Grooten – a été invité par Veronique Branquinho à affiner avec elle le concept et la scénographie de l’exposition.

À la tête de l'expo
Commissaires de l’exposition: Veronique Branquihno en collaboration avec Blitz | Scénographie: B.Architectes