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Recontré Quinten Mestdagh: Gagnant de MoMu Award

Chaque année, le MoMu décerne le “MoMu Award” à un étudiant en master de la section Mode de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. Cette année, le MOMU AWARD a été attribué à Quinten Mestdagh avec sa collection ‘Default by bliss’. MoMu a été intrigué par son language graphique unique et l’élaboration de ses images visuelles dans sa collection. Quinten cherche activement des techniques et des styles – par example les mother-of-pearl boutons et les pixels en noir et blanc – qui n’ont rien en commun, mais cela peit être connecté visuellement. Il utilise le contraste et la parabole de la technologie et du style et les rassemble pour créer un nouveau résultat. La collection master de Quinten est un recherche de différents styles et images visuelles, utilisés dans la mode ou les identités culturelles – la manière sur lequel les gens s’expriment à travers l’utilisation de l’image et de la décoration sur leurs vêtements.

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Quelle approche avez-vous d’abord suivie lorsque vous avez créé votre collection ?

Cette année, quand j’ai commencé, j’ai effectué de nombreuses recherches sur les matières et les techniques utilisées dans le contexte de la mode, ainsi que sur différentes esthétiques. Les boutons de nacre, inspirés de la tradition des Pearly Kings and Queens of London, ont constitué un important point de départ pour ma collection. Les Pearly Kings and Queens sont issus de la classe ouvrière britannique et défilent chaque année dans les rues, vêtus de vestes brodées à la main qui arborent ces boutons de nacre.


J’ai été particulièrement fasciné par le fait que ces vêtements possédaient toujours un fond noir avec des pois blancs par-dessus. Cette esthétique m’a rappelé les images matricielles graphiques. J’aimais l’idée de prendre une chose qui est utilisée uniquement dans un contexte précis et de la transposer dans une autre situation. Dans ce cas, un environnement plus calculé et plus graphique. Tout en créant en même temps un sentiment différent.

Vous mêlez également les strass et la période médiévale. D’où vous est venue cette idée ?

Cela faisait quelque temps que les t-shirts créés à l’aide de la technique des strass thermocollants m’intriguaient – il s’agit d’une technique utilisée sur des vêtements bas de gamme que l’on voit notamment sur les photos de pop stars. C’est une technique assez moderne, inventée à la fin des années 1980, il me semble. J’ai décidé de la mettre en contraste avec une esthétique médiévale ornementale. Qui aurait été la Marilyn Monroe d’il y a 500 ans ? J’ai trouvé un portrait de Petrus Christus et je l’ai choisi pour pouvoir jouer avec l’idée d’une technique très moderne transposée dans un contexte historique. S’ils avaient fait des t-shirts à l’époque, leur Marilyn se serait retrouvée dessus.

Vous avez également exploré d’autres idées, n’est-ce pas ?

Tout à fait. L‘esthétique des westerns américains est également une source d’inspiration pour moi. C’est un thème vu et revu dans les collections, j’ai donc essayé de trouver une manière de traduire cette esthétique en quelque chose de graphique. Ma troisième idée : la surdécoration, c’est-à-dire la manière dont certaines personnes utilisent la décoration pour exhiber leur richesse. Les marques de luxe utilisent des monogrammes pour définir leur identité. Et que sont ces monogrammes ? Ce sont des combinaisons de tout petits symboles. Le sac à main, par exemple, est devenu un symbole du statut social et sa fonction de sac a quasiment disparu, il perd son identité.

Ce que je trouve intéressant au sujet des monogrammes, c’est que les marques de luxe ne veulent pas s’en débarrasser. Les sacs à main portant le monogramme d’une marque se vendent comme des petits pains. Peu importe qu’ils soient authentiques ou contrefaits, l’esthétique visuelle est pratiquement la même.

Avez-vous remarqué que vous créez des moirés lorsque vous superposez des motifs d’images matricielles, par exemple ? Est-ce que d’autres motifs potentiellement intéressants se révèlent au cours de ce processus ?

Oui, mais le fait est que j’ai dû me mettre des limites à un certain moment. On finit par aller si loin que tout commence à avoir l’air très différent du reste et je voulais maintenir une connexion générale. Si j’étais allé encore plus loin, je pense que ça n’aurait pas fonctionné, visuellement parlant. Je ne voulais pas me perdre dans un excès de détails, mais je voulais par contre avoir la connexion visuelle la plus forte et la plus pure possible. Par ailleurs, selon une approche que j’ai adoptée par la suite, j’ai pris toutes ces techniques différentes et je les ai placées dans différents contextes. Cela a donc créé l’idée que la technique utilisée n’était pas parfaite ou qu’une erreur s’était produite au cours du processus.

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    MoMu Antwerp | Monica Ho
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    MoMu Antwerp | Monica Ho
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    MoMu Antwerp | Monica Ho

Durant les travaux de rénovation, le MoMu espère être source d’inspiration en d’autres endroits. Découvrez l’exposition du shooting photo dans le bâtiment de l’Antwerp Management School (AMS) au Boogkeers 5, du 31 octobre 2019 au 7 fevrier 2020.

CE TEXTE EST BASÉ SUR DES FRAGMENTS “QUINTEN MESTDAGH: DEFAULT BY BLISS – QUI SERAIT LE MARILYN MONROE IL Y A 500 ANS?” PUBLIÉ DANS “MASTER 2019”.

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